Une certaine tournure d'esprit
J’illustre ici par trois situations le fait que ces phrases ne sont qu'un point de départ si nous voulons avoir de bonnes relations entre nous.
Mieux vaut un qui sait que cent qui cherchent.
Cette phrase permet dans une discussion à plusieurs de mettre chacun à sa place. Il faut bien sûr que nous répétions et intégrions cette phrase.
Elle induit un comportement que nous n’avons plus :
- Ceux qui n’ont pas passé suffisamment de temps sur le sujet de la discussion ne prennent pas la parole.
- Ceux qui ne connaissent pas du tout le sujet estiment qu’il est probable qu’ils ne comprennent pas ce qui va être dit par ceux qui savent.
- Seul celui ou ceux qui ont un réel savoir vont prendre la parole.
C’est ce que j’ai compris de cette phrase lorsque je l’ai retrouvée et c’est effectivement comme cela que nous nous comportions il y a quelques décennies.
Puis plus tard, en respectant cette même phrase (elle m’indique que je ne connais pas le sujet de la morale), j’y ai trouvé un autre point de vue. Il pourrait être exprimé dans une autre phrase : « Peu de gens savent ». En effet, il y a tellement de sujets possibles dans nos discussions (quand elles sont sérieuses) que même une personne particulièrement instruite ne sait pas grand-chose : ce qu’elle sait n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan.
Une fois ce deuxième point de vue trouvé, j’ai remarqué qu’aussi simple que ce soit, il m’a fallu bien du temps pour comprendre cela.
Ce qui peut s’exprimer par une autre phrase : « Le savoir vient lentement. » : Même doué, ce que vous apprendrez, vous l'apprendrez lentement.
Il y a déjà quelques années, un même pasteur, à quelques mois d’intervalle, a fait deux prêches intéressants.
Le premier est autour d’une phrase : « Lorsque quelqu’un a un défaut, cela ne me donne pas le droit de l’agresser ». C’est son métier et il a son savoir-faire pour tourner cette idée dans tous les sens.
Deux semaines après je le croise et je lui dis : « Applicable de suite ! » Avant, quand quelqu’un avait un défaut, je le taquinais un peu sur ce défaut. Je ne fais plus cela. J’ai moi aussi des défauts et on ne me fait pas cela.
Une paire de mois après, il fait un prêche sur « ne pas parler des autres, ne pas faire de réputation ». Ce sujet me touche bien plus car j’avais une mauvaise réputation dans le lycée où je travaillais. Je comprends bien tout ce qu’il dit (que je ne peux décrire ici).
Je décide donc de me changer pour ne plus, ou au minimum, moins parler des autres.
Bien des mois après, je constate que je n’y arrive pas. Les phrases : « Je ne parle pas des autres. Je ne fais pas de réputation » ne suffisent pas à me changer. Le prêche, bien plus complet que les phrases, ne m'a pas permis non plus ce changement.
Mon cousin habite dans un petit village et il n’aime pas que tout le monde parle de tout le monde. Il me dit que j’ai de la chance d’habiter en ville. Il me dit que c’est comme cela dans les petits villages. Je prends le temps de réfléchir à cela et je finis par trouver que petit (il y a 4 décennies) ces choses-là n’existaient pas, entre nous comme chez les adultes. Il doit donc y avoir des moyens pour redevenir ce que nous étions.
Je ne les connais pas encore !
J’invite mes voisins à prendre un verre. Ils sont jeunes (un couple de 25 ans) et viennent d’arriver dans la résidence. Ils voient chez moi un oscilloscope, un générateur basse fréquences, un multimètre sur une table avec des cartes électroniques pas loin. Nous discutons et cela se passe bien. Je leur montre mon télescope, un Celestron 11 : je suis astronome amateur. Ils apprennent que je suis prof de sciences.
Au hasard des discussions, nous parlons d’informatique, du langage de programmation C (C est le nom du langage). Je veux savoir ce qu’elle en sait mais suis clairement courtois. Elle est débutante et se vexe. Plus tard mes voisins ne me rendront pas l’invitation. Durant une paire d’années, ma voisine que je vois très rarement est plus que distante avec moi. Elle veut me faire payer mon affront.
Il y a donc une tournure d’esprit à comprendre et nous devons tous savoir l’appliquer. Dans cette situation, la défaillance vient de ma voisine. Moi je n’ai rien fait. C’est elle qui doit s’excuser au moment où elle est vexée. Elle doit me dire que je n’y suis pour rien.
Nous ne pouvons pas vivre en harmonie si nous ne sommes pas au fait concrètement des règles de bienveillance.
Ce site n’est qu’une première approche pour retrouver ce savoir-faire passé. Je pense que j'ai encore plein de choses à découvrir sur ce sujet.